DISCOURS ADRESSE AUX CHEFS
D’ETABLISSEMENT SCOLAIRE DU SACRE-CŒUR.
Mes chers amis,
J’ai été Directrice
d’Établissement moi-même, je me sens donc tout à fait
à l’aise avec vous. En fait, à part les années que
j’ai passées dans l’administration de la Société,
aux États-Unis et à Rome, toute ma vie religieuse s’est
déroulée dans des Écoles. Aussi ai-je une grande
affinité avec vous, et j’ai l’impression d’être
avec des collègues.
Nous étions hier avec les Ancien(ne)s
élèves, nous pouvons continuer la même conversation. Et je
souhaite que nous ayons des possibilités d’échanges ;
que cela ne soit pas un monologue !
Vous souhaitez que je me concentre sur le travail du
Chapitre Général concernant l’Éducation
Transformatrice et je suis heureuse de le faire. J’étais
présente à l’Assemblée des Provinciales à
Punta de Tralca, au Chili quand les provinciales ont décidé,
à l’unanimité, que le thème de notre Chapitre
général de l’an 2000 serait notre Mission
d’Éducation. Des applaudissements ont éclaté
spontanément quand le dernier des six petits groupes de travail a
annoncé « L’ Éducation ». Cette explosion de joie était
peut-être due au fait que tous les groupes étaient parvenus
à la même conclusion tout en ayant travaillé
indépendamment. Peut-être parce que nous célébrions
en même temps notre Bicentenaire, et que nous étions très
conscientes de « redécouvrir nos racines », de
renouveler la compréhension de notre vocation, revitaliser notre
engagement en tenant compte du monde dans lequel nous vivons et de notre propre
évolution au cours de ces dernières années,
particulièrement depuis Vatican II. De toute manière ce
thème a soulevé l’enthousiasme.
À la fin du Chapitre Général, en
août 2000, nous avons mûrement préparé trois
thèmes : la Collaboration (dont je vous ai longuement parlé hier
et sur lequel votre travail préparatoire pour le Chapitre a mis
l’accent à Joigny), le Dialogue entre les Cultures et Une Éducation qui Transforme. Ce document sur l’Éducation,
qui correspond au thème du Chapitre, est un document clé. Ce qui
est intéressant c’est que ces trois thèmes sont
étroitement liés et tissés ensemble, chacun d’eux
influençant et complétant l’autre. Quatre d’entre
vous, au moins, ont été des délégués au
Chapitre, je compte sur vous pour compléter mes commentaires.
Je pense que tout le monde ici connaît bien le
document produit par le Chapitre Général (au moins en ce qui
concerne l’Éducation). On y trouve huit critères qualifiant
une Éducation « transformatrice ». La question
suivante peut vous venir à l’esprit : « Qu’y
a-t-il de nouveau dans tout cela ? » L’éducation
du Sacré-Cœur a toujours voulu mettre l’enfant au centre du
processus de l’éducation, en éduquant son sens critique, en
aidant les enfants à découvrir leurs possibilités, en
formant des leaders… Mais je pense que nous avons franchi un pas de plus
dans ce document.
Pour illustrer ce que je veux dire, je désire
partager avec vous une description du monde que certains parmi vous peuvent
connaître. La publication en a été faite par Donella
Meadows en 1990 sous le titre « Le Village
Mondial »1 qui
décrit notre planète comme si elle ne comptait que 1000
habitants. Une version e-mail, réduisant ce nombre à 100, circule
depuis plusieurs années, et je l’ai reçue récemment
en anglais et en espagnol :
« Si on pouvait réduire la population du
monde, à un village de 100 personnes, en conservant le même ratio
humain, cela ressemblerait à ce qui suit :
Il y aurait :
57 Asiatiques, 21 Européens, 14 de
l’Hémisphère de l’ouest, nord et sud
8 Africains
52 seraient de sexe féminin, 48 seraient de sexe masculin
70 ne seraient pas blancs, 30 seraient blancs
70 ne seraient pas chrétiens, 30 seraient chrétiens
89 seraient hétérosexuels, 11 seraient homosexuels
6 personnes possèderaient 59% de toute la richesse mondiale et
tous les 6 seraient des États-Unis
80 seraient mal logés
70 seraient analphabètes
50 souffriraient de malnutrition
1 serait sur le point de mourir ; 1 serait sur le point de
naître
1(oui, seulement 1) aurait eu une éducation universitaire
1 posséderait son ordinateur personnel
Une liste aussi brutale montre à l’évidence
· que l’éducation est absolument
essentielle pour apporter un changement à cette situation ;
· qu’il est impératif
d’accepter et d’apprendre à vivre avec des êtres
humains très différents de nous-mêmes (et,
j’ajouterais, que depuis le 11 septembre, cela devient encore plus
urgent) ;
· que la collaboration est indispensable pour
faire face à l’inégalité des possibilités
d’accès à une vie décente ;
· que, seule, une foi profonde dans les valeurs
inhérentes à chaque personne pourra nous motiver pour faire
l’effort nécessaire ;
· que, seule, la ferme conviction que le
changement est possible nous soutiendra dans notre travail quotidien ;
· que seul un amour
désintéressé, le don de soi, soutiendra le désir de
livrer sa vie…non pour un ami, mais pour ceux que nous ne
connaîtrons jamais.
C’est la réalité
présente de notre monde qui nous a poussées « à
franchir un pas de plus » dans notre manière de
comprendre l’Éducation qui transforme et qui nous a
motivées pour nous donner, avec une conscience renouvelée, à notre engagement
commun. Tous les éléments exposés, ci-dessus, sont
explicites ou implicites dans le texte du Chapitre.
· Il y a une déclaration explicite qui
stipule que notre mission éducatrice s’adresse aux
« personnes de tous âges se trouvant
dans des situations sociales diverses » ; elle s’accompagne d’une
reconnaissance que les moyens seront, à la fois, institutionnels et non
institutionnels.
· On y trouve exprimée la conviction que
« l’éducation est un processus qui dure toute la
vie »,
qu’elle doit s’envisager en des termes beaucoup plus larges que
simplement l’éducation des enfants.
· Les défis de la situation du monde dans
laquelle nous nous trouvons sont décrits en détail mentionnant particulièrement
les conditions critiques des enfants, des jeunes, des femmes, tout spécialement des exclus.
· On prend en compte la réalité et
la valeur incontournable de la collaboration : avec les laïcs, les organismes
d’Église, la société civile.
· C’est seulement en nous laissant
transformer nous-mêmes que
nous serons des voies de transformation pour les autres. Comme l’a dit Gandhi « Nous
devons témoigner du
changement que nous recherchons ». Nous devons devenir le changement que nous souhaitons voir dans
le monde.
On pourrait laisser passer ce qui est exprimé
de façon très succincte dans la phrase suivante :
« Nous avons une vision commune qui
découle de notre
spiritualité, oriente
notre engagement éducatif à partir de la perspective de ceux
qui souffrent l’inégalité et l’injustice.
Elle est toujours à vivre à la lumière de
l’Évangile. »
(p. 22)
Pendant quelques instants je voudrais examiner chacun
de ces éléments.
Premièrement,
notre spiritualité.
Ceux d’entre vous qui étaient à la réunion de Joigny
(et je crois comprendre que la plupart d’entre vous y étaient) se
rappelleront que parmi vos propositions pour le Chapitre général
vous avez dit :
« Nous reconnaissons que le Langage
est le véhicule de l’évangélisation et de la
transmission de la culture et, qu’en même temps, il peut avoir un
grand pouvoir de transformation. Nous encourageons la Société
à renouveler son langage en ce qui concerne la Mission et le Charisme,
à travers un dialogue constant, respectueux et intelligible par les
collaborateurs laïcs et les jeunes. »2
Votre
proposition fait écho à celle des autres. Nous l’avons
prise très au sérieux en l’ayant eu sous les yeux tout au
long du Chapitre. Finalement nous avons rédigé une
déclaration très modeste qui dit en substance que le temps n’était
pas encore mûr pour une nouvelle formulation. À mon avis, tant que
l’Asie et l’Afrique n’auront pas la possibilité
d’apporter leurs contributions à notre Société
surtout occidentale, nous ne serons pas en mesure de ré-exprimer notre
spiritualité. C’est quelque chose qui n’est pas fait une
fois pour toutes, et nous sommes « en route », mais
nous avons un long chemin à parcourir.
Cela
dit, notre spiritualité est tout à fait vivante, et nous avons
réalisé que nos vies, données par amour, en sont la meilleure
expression. C’est cet amour qui est la puissance transformatrice de
la mission d’éducation des rscj et des collaborateurs laïcs
dans laquelle nous
sommes engagés ensemble. Certes, nous
avons besoin d’actualiser notre programme d’étude. Certes,
nous avons besoin de perfectionner nos méthodes et
d’améliorer nos installations. Mais comme l’a dit Saint
Paul, sans amour au cœur, tout cela n’est rien.
(cf. 1 Cor.13)
Quand vous prenez des décisions vous
êtes vous déjà dit : « Comment cette
décision fera-t-elle de cet Établissement une École
où l’on s’aime davantage ? » En tant que
Directrice(eur) de votre École, pensez à ce que disait Sainte
Thérèse de Lisieux : « Au cœur de l’Église je serai
l’amour. »
Et si vous disiez : « Au cœur de cette École
je serai l’amour. » Comme vous le savez très bien je ne
parle pas d’amour dans le sens d’embrassades ou de la Saint
Valentin, mais d’aimer comme Jésus a aimé : en
valorisant chacun, en n’excluant personne et en acceptant de donner sa
vie jour après jour pour que les autres puissent avoir la vie.
Deuxièmement, nous
éduquons à partir de la perspective de ceux qui souffrent
inégalité et injustice. Revenons au « Village
Mondial ». Sur les 100
habitants de ce village, qui avons-nous dans nos écoles ?
N’est-ce pas celui qui ira à l’université ?
Celui qui a son ordinateur personnel ? Que ressent cet étudiant
solitaire entouré des 99 autres qui n’ont pas accès aux
mêmes chances ? Se sentira-t-il automatiquement motivé pour
faire quelque chose en faveur des autres habitants du village ? Ou bien,
va-t-il thésauriser ce qu’il a reçu, conscient de sa chance
de ne pas faire partie des 99 autres ?
Ne
pas perdre de vue ceux qui endurent inégalité et injustice est
une tâche qui fait appel à notre intelligence et à notre
cœur. Le travail « intellectuel » implique un
accroissement de cette prise de conscience critique qui conduit les
étudiants à chercher les racines, les causes qui nous ont
menés à cette situation d’inégalité actuelle.
Si tous les êtres humains sont également précieux aux yeux
de Dieu, et si les richesses de la planète terre appartiennent à
tous sans distinction, pourquoi quelques présidents directeurs
généraux de sociétés dans un pays touchent-ils des
bonus de plusieurs millions, alors que dans d’autres pays des familles
survivent à peine d’un jour à l’autre ? À
propos de n’importe quelle décision gouvernementale, qui en tire
profit ? Qui paie ? Une fois que l’on commence à voir qu’il
y a là quelque chose de terrible, on ressentira un besoin urgent de
faire quelque chose.
Le « travail
du cœur » se fait à travers l’expérience
personnelle de la souffrance des autres. Il y a un proverbe qui
dit : « C’est l’endroit où vous vous
trouvez qui détermine ce que vous voyez ». Pour ne pas perdre
de vue ceux qui endurent inégalité et injustice nous avons besoin
d’avoir l’occasion de voir à travers le regard des autres,
« de parcourir un « mile » dans leurs
chaussures », comme le proverbe des indiens d’Amérique
du Nord le dit et d’investir
le corps de quelqu’un dont la peau est d’une couleur
différente.
Une
conscience critique qui pousse à l’action et un engagement
à la justice, n’est pas une nouveauté dans nos
écoles. Il y a 50 ans, mon école à Washington, D.C., Stone
Ridge, avait un programme « d’Action
Catholique » qui avait été mis en place bien avant mon
arrivée au début des années 50, mais c’était
un programme périscolaire s’adressant à des volontaires. Ce
qui s’est passé depuis ce temps-là, c’est que, de
plus en plus la justice sociale a été intégrée
à notre système scolaire, en ayant une influence sur les
programmes, en ouvrant des horizons, en déterminant les choix de
carrières des étudiants. Ces derniers mois, j’ai
commencé à visiter les écoles et à mieux connaître
ce que les étudiants du Sacré-Cœur font de leur vie, et je suis encouragée de
constater à quel point une conscience sociale fait partie de leur
être.
Tout commence très souvent
par un enseignant engagé dont la passion pour la justice
« contamine » ses étudiantes ou étudiants.
Lorsque vous embauchez un professeur jusqu’à quel point
expliquez-vous clairement que la justice, la paix, le souci de
l’intégrité de la création sont essentiels à
la vie de l’école et ne sont pas négociables ? Avez-vous
connu un enseignant, épris de justice, n’est pas appuyé par
les autres enseignants ? L’avez-vous soutenu ? Comment
pouvez-vous, en tant que Chef d’Établissement très pris par
toutes les exigences de l’administration, garder votre propre engagement
bien vivant et le communiquer à votre corps enseignant ? Et si, de
temps en temps, vous vous posiez la question : « Les pauvres de
ce monde me remercieront-ils de cette décision ? »
Troisièmement, nous
éduquons à la lumière de l’Évangile. L’Évangile est la
Parole de Dieu adressée aux personnes de toutes les époques. Son
message est toujours contemporain. Quel est son message pour nous,
aujourd’hui, qui vivons le monde de l’après 11
septembre ? Il pourrait y avoir bien des réponses à cette
question, mais j’aimerais en développer une. Je pense que nous
avons reçu une vocation toute spéciale pour éduquer nos
enfants et nous-mêmes, de façon à ce que nous devenions des
bâtisseurs de paix, des instruments de paix, que nous puissions
contribuer à la transformation de notre monde d’intolérance,
de conflit, de violence et d’exclusion en un monde d’acceptation
mutuelle, de réconciliation, de non-violence et de refus de toute
exclusion.
Des
mois avant les évènements du 11 septembre, les Nations Unies ont
déclaré que 2001 serait « l’Année
Internationale du Dialogue entre les Civilisations » et le message
du Pape Jean-Paul II pour la Journée Mondiale de la Paix le 1er
janvier 2001 était intitulé « Dialogue entre les
Cultures pour une Civilisation de l’Amour et de la Paix ».
Nous savons que tout habitant « ordinaire » d’un
pays déchiré par la guerre ne souhaite que la paix. On sent que
les gens sont prêts pour faire ce qu’il faut pour y parvenir. De
petites actions, dans l’ordre du possible, engendrent l’espoir, et
rassemblées elles font boules-de-neige. L’histoire de Sadako et
des grues pour la paix que j’ai racontée hier en est un exemple.
Je suis sûre que vous pourriez en raconter bien d’autres provenant
de vos propres écoles. Continuez à dire aux enfants qu’ils
peuvent être des artisans de paix ici et maintenant !
Il y
a dans cet appel à construire la paix un aspect dont les
chrétiens, jusqu’au 11 septembre, étaient beaucoup moins
conscients. C’est le besoin d’être bien informé sur
les autres religions, dans une attitude de respect. Nous nous trouvons dans une
situation paradoxale. D’une part, le monde se rétrécit,
alors que les nombreux niveaux de globalisation, incluant les moyens
technologiques de la
communication, continuent à progresser implacablement. D’autre
part on parle « d’un conflit de
civilisations », d’une polarisation des religions qui
n’ont pas commencé le 11 septembre, mais se sont
intensifiés depuis lors. C’est une invitation de plus à
comprendre « l’autre » de l’intérieur,
à découvrir ce qui nous unit, et de ne pas avoir recours à
des stéréotypes superficiels. Quelques-uns parmi vous,
étant donné la diversité de vos élèves sont
confrontés à ce défi tous les jours.
À
Joigny, vous avez dit :
« Nous
voulons vivre notre internationalité comme une « bonne
nouvelle » pour les plus
pauvres,
et dans ce but nous nous engageons dans nos institutions
d’éducation à chercher
ensemble
les moyens de mettre sur pied des projets pour plus de solidarité, de
communion
et d’éducation pour la paix »
Avez-vous
commencé à vous communiquer ces initiatives ? Utilisez-vous
Internet pour cela ? Et si vous ne le faites pas pourriez-vous
commencer ? J’espère dès qu’elle sera
opérationnelle, la nouvelle commission dont je vous ai parlé
hier, la commission Sophia pourra vous aider dans ce domaine en fournissant une
infrastructure nécessaire pour la collaboration et la communion à
travers la Société.
Jusqu’à
présent la Société du Sacré-Cœur, au niveau
international n’a pas eu de moyens organisés de communiquer les
besoins, de mettre en commun nos ressources. Nous avons un fonds pour la
Solidarité, Justice et Paix qui accorde des dons tous les ans en faveur
de projets présentés par nos provinces dans le monde entier. Il
se trouve que juste avant de venir ici nous avons examiné ces demandes.
La somme totale dépasse de beaucoup les fonds dont nous disposons.
J’ai pensé que plusieurs demandes de dons pourraient
intéresser vos étudiants :
• une demande de la province du Congo pour payer les frais de
scolarité de six orphelins qui, à l’heure actuelle, vivent
dans la rue ;
• une demande de la province de France pour aider un Centre
d’accueil sur l’Ile Maurice, qui s’occupe d’enfants de
7 à 16 ans, dans des situations précaires ;
• une demande de la province d’Uganda-Kenya pour acheter
des bureaux avec bancs pour des garçons de l’École Primaire
pour Garçons de Kangole pour qu’ils ne soient plus assis sur le
sol ;
• une demande de la province du Mexique-Nicaragua pour une
aide à la mise en place d’un projet à Guadalajara utilisant
le jeu surveillé comme moyen d’éduquer. L’école
du Sacré-Cœur locale soutient également ce projet.
Et enfin beaucoup d’entre
vous ont entendu parler de la construction d’une école primaire
dans la province Uganda-Kenya, la première école du
Sacré-Cœur depuis les débuts de la province il y a 40 ans. Cette
école pourrait-elle devenir le projet de tous les élèves
du Sacré-Cœur dans le monde entier comme ce fut le cas pour notre
école à Taiwan dans les années 60 ?
J’ai apporté des
renseignements sur tous ces projets au cas où une école serait
intéressée.
Pour terminer je veux vous
rappeler que vous devez vous occuper de vous. Une fois j’ai entendu dire
un professeur des Sciences de l’Éducation qui se plaisait à
répéter que les « Chefs d’Établissements
font pousser les professeurs et que les professeurs élèvent les enfants ».
Mais qui « fait pousser » les Chefs
d’Établissement ?
Vous portez une énorme
responsabilité et très souvent vous le faites seuls. Qui de vous,
quelquefois la nuit, ne reste pas éveillé en se demandant si une
personne dérangée portant une arme à feu ne pourrait pas
faire irruption dans son École et tuer sans raison ? Combien
d’entre vous craignent qu’un jour un coup de
téléphone leur apprenne qu’un ancien professeur a
été accusé d’abus sexuel ? Vous pourriez ajouter
d’autres questions, j’en suis sûre. Ce que je veux vous dire,
c’est que vous prenez soin de tous, vous calmez les angoisses et vous
essuyez les larmes. Mais, vous avez-vous un guide ou un sage vers qui vous
pouvez-vous tourner ? Un autre chef d’Établissement ou un
groupe de soutien de chefs d’Établissement ? Un directeur
spirituel ou quelqu’un qui puisse vous accompagner, être une
planche de salut qui considérera comme un dépôt
sacré ce que vous portez dans votre cœur ? Vous prenez soin de
tous constamment. Vous avez besoin que l’on prenne soin de vous
également. Je vous encourage à prendre les devants pour
rechercher toutes les manières de rester sains de corps et
d’esprit.
Un dernier mot… Je veux vous remercier au nom de la
Société pour mener à bien notre mission avec nous. Les
enfants sont une charge précieuse. Jésus nous a dit que le
royaume de Dieu leur appartient. Puissent-ils nous enseigner à nous
laisser transformer par la puissance de l’amour de Dieu de sorte que nous
puissions apporter notre contribution à la transformation de notre
monde.
Clare Pratt, rscj
Deuxième conférence
mondiale pour les Directeurs
des Écoles de la
Société du Sacré-Cœur
Sydney, Australie, 16 avril 2002