Valeurs et Missions de la Société du Sacré-Cur.
Clare Pratt,rscj
Trish, Anciennes élèves d'Australie et de Nouvelle-Zélande qui ont préparé le congrès, Anciennes et Anciens, Directeurs et Directrices des Écoles, Surs et Amis.Je suis vraiment enchantée d'être ici parmi vous ! Comme vous, je suis une ancienne élève du Sacré-Cur, l'une de ces anciennes pour lesquelles l'éducation du Sacré-Cur est l'un des dons les plus précieux de leur vie. Je suis l'une de ces anciennes dont la vocation est née dans une École du Sacré-Cur, vocation qui a été nourrie et qui s'est réalisée dans un Collège du Sacré-Cur. Je suis sûre que Madeleine-Sophie se réjouit de ce que la réunion des Chefs d'Établissement et celle des Anciennes élèves se déroulent au même moment, cela donne la possibilité d'échanger dans la réciprocité entre Anciennes et Chefs d'Établissement. À l'avance je me réjouis de passer du temps avec vous demain.
Comme vous le savez sans doute la toute première intuition de Madeleine-Sophie sur la Société du Sacré-Cur incluait des élèves. Elle aurait voulu entrer au Carmel, si cela avait été possible ; malgré cela elle n'a jamais envisagé que « cette petite Société » comme souvent elle l'appelât ne soit qu'une congrégation religieuse. Quand plus tard dans sa vie, elle a réfléchi sur la « première vision » qu'elle avait eue de la Société, elle vit « une multitude d'adorateurs et d'adoratrices de toutes les nations, jusqu'aux confins de la terre », peut-être même étiez-vous dans son esprit, y compris l'Australie qui équivalait pour elle aux confins de la terre.
Quand Trish m'a demandé de parler des « valeurs et de la mission du Sacré-Cur » j'ai pensé que beaucoup d'entre vous pouvaient faire la même chose à partir de leur propre expérience dans la Société du Sacré-Cur. Les valeurs les plus fondamentales et la mission que vous avez cultivées dans votre vie d'adulte n'ont pas changé depuis que vous étiez étudiantes et étudiants, mais simplement la manière de les faire siennes selon les besoins de chaque âge. Ce que je peux vous offrir c'est ma propre expérience vécue depuis 42 ans dans la Société du Sacré-Cur, années cruciales pour son histoire, et ma connaissance privilégiée de la Société internationale puisque j'ai vécu et travaillé pendant ces huit dernières années en son centre.
Tout d'abord je voudrais vous dire que je suis encouragée et impressionnée, non seulement, par le thème de ce congrès, « Une affaire de cur : Nous réconcilier avec le Monde », mais encore par votre préparation dans ce sens. J'ai confiance que chaque Association a utilisé le plan de travail qui vous invitait à vous engager sur le chemin de la Réconciliation. Je ne connais pas dans le détail ce que chaque association nationale a fait, mais j'ai lu le rapport des Anciennes Élèves d'Italie lors du dixième Congrès National en octobre dernier à Assise, et j'ai été très impressionnée par la qualité de la réflexion et des échanges. Comme vous le savez, sans doute, se réconcilier n'est pas quelque chose que nous « faisons » une fois pour toutes. Nous sommes tous engagés sur le chemin de la réconciliation avec nous-mêmes, nos familles et d'autres personnes qui font partie de notre vie. Certains d'entre nous ont besoin de se réconcilier avec notre pays (Cela, juste après les évènements du 11 septembre, m'a profondément touchée en tant que citoyenne des États Unis d'Amérique). Qui d'entre nous n'a pas besoin d'être réconcilié avec l'un ou l'autre aspect du monde : c'est là que se trouve notre Dieu qui est toujours présent, prenant l'initiative de se réconcilier avec nous : le père prodigue, le berger qui laisse ses quatre-vingt-dix neuf brebis pour partir à la recherche de celle qui est égarée. L'évangile est rempli de paraboles de la réconciliation. Ainsi ce Congrès est une « escale » au cours de notre voyage, une oasis rafraîchissante, une nourriture, une halte pour renouveler notre énergie, et reprendre courage pour continuer la route.
Maintenant voyons les Valeurs et la Mission de la Société du Sacré-Cur. Quand quelqu'un demande à une rscj « quel est votre charisme ? » c'est parfois difficile de l'expliquer en peu de mots. C'est si riche, si profond, c'est une affaire de cur, et les mots sont trop faibles pour le dire. Essayer de l'expliquer est aussi difficile que cela le serait pour quelqu'un d'entre qui voudrait expliquer le don de l'amour que vous partagez avec votre époux. C'est cela un charisme : c'est un don. Dans notre cas, le don a été reçu par Madeleine-Sophie et transmis à ses filles pour le bien de notre Église et de notre monde.
Nos constitutions, après Vatican II, rédigées en 1982, les seules constitutions écrites depuis le texte originel de 1815, qui, selon Helen Mc. Laughlin continuent à être, « notre texte primitif, notre don originel et initial », présentent notre charisme comme ayant 4 dimensions :
une finalité : la gloire du Cur de Jésus
une mission : découvrir et faire connaître son amour
une spiritualité : être uni et conforme au Cur de Jésus dans la disponibilité à l'Esprit, et
un service dans l'Église : l'éducation.
C'était notre charisme en 1800 et c'est resté notre charisme tout au long des 202 années de notre histoire. Ce n'est pas le moment, me semble-t-il, et il n'est pas nécessaire de passer en revue les changements du monde, de l'Église et de la Société du Sacré-Cur au cours des 40 dernières années qui ont suivi la convocation de Vatican II. Le fait que vous soyez là signifie que vous avez survécu aux tempêtes du changement, ou que vous êtes trop jeunes pour les avoir connues. Le thème que vous avez retenu « la Réconciliation avec le Monde » indique une ouverture d'esprit, une recherche commune en faveur de la justice et de la paix, une volonté de prendre l'initiative pour apporter la guérison là où il y a la division, la compréhension là où règne la confusion, et le pardon là où il y a l'offense. Comme la réconciliation ne va pas sans le pardon, permettez-moi, au nom de la Société, de demander pardon pour toutes les fois qu'individuellement ou en congrégation nous avons agi de façon blessante. Si l'un ou l'autre d'entre vous porte des blessures, j'espère, qu'avec le temps, elles ont pu se cicatriser, mais s'il en restait des traces qui aient besoin d'une d'humble reconnaissance ou d'une demande de pardon, je vous l'offre maintenant.
Tous les six ans nous avons un Chapitre Général, une réunion de déléguées de chacun des pays où nous sommes présentes. La Société toute entière prépare le Chapitre ; les délibérations et réflexions des déléguées donnent les orientations jusqu'au prochain Chapitre1. Les paroles d'ouverture du Chapitre de 1994 (qui contient le texte sur l'Éducation à la Réconciliation, une des ressources de notre Congrès) expriment bien l'objet du Chapitre :
« La Société choisit d'établir ses priorités d'action en réponse aux appels spécifiques d'aujourd'hui venus du monde et de l'Eglise. Ce n'est qu'ainsi que nous pourrons être là où le cur de l'humanité est transpercé ; c'est là que se révèlent la fidélité et la miséricorde de Dieu. »
En fait « répondre aux appels spécifiques venus du monde » n'est pas nouveau dans la Société. Madeleine-Sophie n'a pas agi autrement : elle a vu qu'en France, il était urgent de donner aux jeunes filles une éducation solide basée sur la foi et imprégnée de l'amour de Dieu symbolisé par le Cur de Jésus pour les préparer à la reconstruction du tissu déchiré du pays.
Comme beaucoup d'entre vous savent que le thème du Chapitre Général de l'an 2000 était : « Notre mission éducatrice : un chemin pour découvrir et un espace pour annoncer l'amour du Cur de Jésus. » Orienter ainsi notre Chapitre sur le service de l'éducation était le choix unanime des 32 provinciales réunies au Chili en Octobre 1997 pour deux semaines. C'était le désir de toutes de se concentrer plus particulièrement sur cette dimension de notre charisme qui a vécu une évolution importante au cours des dernières années, alors que nous nous efforcions de « discerner les signes des temps ».
Pour la première fois Trish Burns et seize autres participants laïcs ont travaillé avec nous une semaine sur les cinq que durait notre Chapitre. Dans les mots d'introduction de notre Chapitre : « Ils nous ont demandé de tenir notre place dans l'Église, ils ont exprimé leur confiance renouvelée dans notre spiritualité et notre service d'éducation, et ils nous ont encouragées à aller de l'avant. » Ils ont travaillé avec nous et nous ont aidé à exprimer clairement les appels que nous entendions. Nous avons conclu en formulant trois appels sous trois titres qui tout en étant distincts sont intimement liés :
Une éducation qui transforme, De la collaboration à la Réciprocité, et De la rencontre des cultures au dialogue entre cultures. Ce n'était pas la première fois que nous venions au Chapitre avec le désir de reformuler notre spiritualité dans un langage plus adapté au monde contemporain ; ce désir avait été exprimé par les Directeurs des Écoles du Sacré-Cur lors de leur réunion à Joigny en avril 2000 ; en effet il est impossible de parler de l'éducation du Sacré-Cur sans parler de la spiritualité qui la sous-tend. Malgré l'attente de beaucoup, ce désir n'a pas pu être réalisé. Sans doute notre spiritualité a été le fil tissé au cur des sujets discutés, cependant, en fin de compte, nous avons réalisé que le temps n'était pas encore mûr pour la reformuler. Nous avons conclu par ces mots :
« Nous sommes convaincues, comme Chapitre, que nos vies données par amour sont l'expression la plus forte de notre spiritualité et que vivre ces appels jour après jour fera naître un nouveau langage. Par l'art, la parole ou le symbole nous exprimerons ainsi dans l'Église notre spiritualité du Cur ouvert du Christ pour le monde. Le chemin continue. »
Le thème évident sur lequel nous devons nous attarder est, me semble-t-il, celui de la Collaboration. Je pense que vous vous retrouverez dans le document du chapitre « De la Collaboration à la Réciprocité » avec une intelligence renouvelée. Comme vous le savez la Société du Sacré-Cur, depuis Vatican II, vit une évolution importante dans la compréhension de la collaboration. Selon ma propre expérience en tant qu'étudiante et jeune professe enseignant dans une école du Sacré-Cur notre collaboration avec les laïcs s'est faite sous la forme d'embauche de quelques professeurs laïcs quand il n'y avait pas de rscj disponibles ou capables d'enseigner une matière. Plus tard nous avons commencé à comprendre que les enfants avaient besoin de modèles variés, pas seulement religieux, et qu'il était sain d'avoir un corps enseignant plus diversifié. Mais c'était encore « notre travail », « notre territoire » ; on distinguait entre « nous » et « eux » ; des laïcs étaient rarement nommés administrateurs ; nos collègues laïcs, en ce qui concerne les prises de décision étaient rarement sur un pied d'égalité avec les religieuses.
Progressivement nous avons réalisé que nous ne faisions pas nôtre le charisme que Madeleine-Sophie avait reçu et transmis à la Société. Avec le Chapitre de 1994 nous avons compris que notre spiritualité était : « un don à partager et un trésor que les autres nous aident à découvrir. » (Maria Teresa Porcile a fait référence à cette même citation pendant sa conférence au congrès de l'AMASC à San Luis Potosi, il y a 4 ans. Elle aimait les anciennes élèves du Sacré-Cur et je sais qu'elle est présente avec nous en esprit tout en contemplant la face de Dieu en compagnie de Madeleine-Sophie)
Dans le document du chapitre de 2000 « De la collaboration à la Réciprocité, » la Société est appelée à travailler ensemble et avec d'autres en partenariat pour protéger la vie et contribuer à la construction d'une solution alternative c'est un désir des laïcs qui sont proches de nous et avec qui nous travaillons. C'était aussi une demande spécifique de ceux qui ont participé au chapitre et aux sessions à Joigny.
Le document se poursuit en disant que la collaboration est une manière d'être et une manière de faire. « La collaboration requiert des attitudes de confiance et de support mutuel, de vulnérabilité et d'ouverture. Elle reconnaît le besoin d'apprendre des autres et demande de la flexibilité et de l'imagination en découvrant ensemble de nouvelles possibilités. La collaboration implique la construction des équipes, de savoir déléguer et assumer notre co-responsabilité pour le bien commun, en travaillant sur des projets communs et en développant ensemble des idées neuves pour adapter notre service d'éducation. » Chapitre 2000, pp. 27-28
Il y a sept stratégies pour concrétiser l'exécution de cet appel à la collaboration dans la réciprocité et les deux dernières vous concernent tout particulièrement :
Faire tous nos efforts pour parvenir à une meilleure interaction entre le réseau de nos Établissements scolaires, les projets pour les exclus et le réseau d'éducation populaire.
Unir nos forces, faire des propositions et des actions avec les Anciens-nes, les parents, les amis-es par des projets communs en faveur de personnes, de groupes qui sont victimes de la marginalisation ou de l'injustice.
Dans quel but voulons-nous collaborer ? N'est-ce pas pour essayer d'apporter une contribution concertée à la guérison, à la réconciliation de notre monde ? Les évènements du 11 septembre n'ont-ils pas souligné et intensifié notre prise de conscience concernant notre monde : il est malade, sans changement important il périra ? Sur nos écrans de télévision beaucoup d'images sont pour nous insupportables : enfants orphelins ou sous alimentés, bénéfices exorbitants pour les dirigeants des grandes compagnies qui font partie des 6% propriétaires de 59% des richesses mondiales, l'effet de serre qui cause en même temps ici des inondations massives, là des destructions de récoltes par manque d'eau ; des réfugiés désespérés qui ont abandonné pour fuir la terreur dans laquelle ils vivaient ; les conflits ethniques qui échappent à tout contrôle la liste est sans fin.
Beaucoup d'anciens élèves du Sacré-Cur et de rscj ont un engagement profond pour la justice et un sens profond de la collaboration. Trish, dans sa conférence au chapitre, a mentionné certains d'entre eux. Je ne suis pas naïve au point de croire que les rscj et que les anciennes du Sacré-Cur peuvent à elles seules transformer le monde, mais nous ne pouvons pas laisser un sentiment d'impuissance nous endormir dans l'inaction. L'intuition, les idées, les efforts d'une seule personne peuvent faire la différence. Nous savons tous et nous avons tous été inspirés par des histoires de gens ordinaires qui non seulement ont fait un rêve ou épousé une cause, mais ont aussi trouvé le moyen de les communiquer à d'autres. Voilà comment, on construit des réseaux, des alliances et des campagnes.
Helen Prejean auteur de Dead Man Walking, a eu une énorme influence sur la campagne du moratoire contre la peine de mort en collaborant avec toutes sortes de groupes civils ou religieux, y compris avec la communauté de Saint Egidio fondée à Rome qui peut mobiliser ses 40 000 membres dans plus que 60 pays. Le parcours d'Helen contre la peine de mort a commencé quand elle a accepté d'écrire à un détenu dans un couloir de la mort.
Jodi William, le Canadien qui a commencé la campagne contre les mines antipersonnel a eu un si grand succès en construisant une association de base que celle-ci pour sa campagne contre les mines antipersonnel a reçu en participation le prix Nobel de la paix en 1997.
Peut-être l'une des histoires parmi les plus belles et porteuses d'espérance de notre histoire récente est-elle celle de l'origine des grues pour la paix. Sadako Sasaki avait seulement 2 ans quand la bombe atomique est tombée sur Hiroshima en 1945. Elle n'a pas été affectée directement à ce moment-là. Dix ans plus tard elle était atteinte de leucémie et a été hospitalisée. Pendant son séjour à l'hôpital sa meilleure amie lui a parlé de la légende japonaise selon laquelle si une personne peut plier 1000 grues de papier les dieux lui accorderont la réalisation d'un souhait. Sadako n'avait qu'un souhait : aller mieux. Elle a commencé à confectionner des grues en papier. Malheureusement elle n'a pu en faire que 654 avant de mourir à l'âge de 12 ans. Ses amis ont jugé que ce serait bien d'ériger une statue en son honneur et pour tous les enfants tués par la bombe atomique. Leurs généreux efforts ont abouti à la construction en 1958 du monument des Enfants dans le parc de la Paix à Hiroshima. Au sommet du monument, on peut voir une fillette tenant au-dessus de sa tête une grue dorée. Une prière est inscrite à la base de la statue. « Voici notre prière, voici notre souhait : la paix dans notre monde. »
Je raconte cette histoire pour elle-même et aussi pour vous citer l'inscription que je viens de rappeler. Comme je n'avais plus que de vagues souvenirs concernant l'histoire de Sadako, j'ai fait une recherche sur Internet à partir de « Peace Cranes Japan ». En un instant j'ai eu un choix de 5632 entrées comprenant 1000 grues en faveur du réseau pour la paix où j'ai trouvé le récit de la vie de Sadako. Quand j'ai ouvert leur site, j'ai lu :
« Bienvenue au foyer qui, à partir d'un projet international, engage les Communautés à collaborer pour promouvoir la paix, la non-violence et la tolérance. »
Le travail en réseau montre que chaque chose même petite, chaque effort en vue d'augmenter la paix dans le monde aide à atteindre ce but-aussi petit que cet effort puisse sembler au moment où il est fait. Cela montre également que travailler ensemble aide chaque individu à accomplir de plus grandes choses : « De nombreuses mains font exister la paix »
Sadako n'avait pas prévu que ses 654 grues auraient une telle suite.
Et qui aurait pu imaginer que quelques mères portant des foulards blancs, marchant en rond autour de la Place de mai à Buenos Aires, Argentine, exigeant de connaître la vérité sur ce qui est arrivé à leurs enfants, les « disparus » des années 1970, finiraient par avoir un impact international, forgeant une solidarité née d'une souffrance commune avec des femmes en deuil et des chercheurs de vérité dans le monde entier ?
Je pourrais donner d'autres exemples, mais mon propos est de montrer que partager une vision commune et travailler ensemble à la réaliser peut avoir des résultats de grande portée.
Comment pouvons-nous collaborer de manière plus systématique et plus efficace ? En réalité il se passe beaucoup de choses au niveau local, mais nous devons aussi chercher ensemble comment mieux coordonner nos efforts au niveau international.
Quand pour la Société du Sacré-Cur je parle de coordination au niveau international, vous pouvez penser que, nous rscj, avons un personnel administratif important qui nous permet d'entrer en contact avec 46 pays pour coordonner nos efforts. En réalité, par rapport à l'extension géographique de la Société, nous sommes dans l'équipe centrale très peu nombreuses : un Conseil Général de cinq membres qui ne sont ensemble à Rome que 4 mois par an, un secrétariat de trois membres, une Économe Générale et une Assistante, une Archiviste Générale et son Assistante, une personne qui s'occupe des repas, accueille les invités et s'occupe de tout ce qui est nécessaire à la bonne marche d'une maison.
Reconnaissant notre manque de personnel au niveau central, nous sommes en train de mettre sur pied une commission de trois membres que nous appellerons « la commission Sophia » : elle nous fournira l'infrastructure qui nous manque et coordonnera l'exécution des tâches demandées par le Chapitre, tâches concernant toutes, l'intégration et le travail en réseau :
Poursuivre de manière systématique nos efforts pour développer et harmoniser nos projets concernant l'Éducation, la Justice, la Paix et l'intégrité de la création ; les finances et les communications.
Le travail en réseau avec l'Église et les Organisations de la Société Civile ; avec les réseaux liés à la Société comme l'AMASC, les réseaux des Établissements scolaires du Sacré-Cur, notre réseau d'éducation populaire etc
La communication est la colonne vertébrale de ces efforts. La communication par ordinateur a considérablement changé la vie de la Société depuis plusieurs années. Mais, bien qu'il y ait de nombreux sites en lien avec le Sacré-Cur, nous n'avons pas encore de site international (l'AMASC sur ce point est en avance sur la Société !). Ce site, entre autres choses, servirait de moyen de communication en réseau Internet dans le monde entier. Créer un site sera une des tâches de la commission Sophia.
Nous avons également décidé de faire une demande pour obtenir le statut d'ONG auprès du Département de L'Information des Nations Unies. L'Étude de cette demande prend deux ans ; nous n'installerons donc pas immédiatement un bureau à New York, mais nous nous y préparons. Voici un autre domaine où les rscj et les anciens élèves peuvent collaborer avec d'autres ayant le même but : contribuer à permettre aux sans&endash;voix de s'exprimer sur des sujets concernant les enfants, les femmes, l'éducation, la paix
Au Chapitre Trish a dit clairement « Nous voulons travailler avec vous sur vos projets ». C'est avec joie que j'accueille ce soutien. Ce soutien est bien venu. Il y a tant à faire, et si cette grande famille internationale du Sacré-Cur peut, - les rscj, les anciens/nes élèves et les étudiants, les corps professoraux et les personnels et les parents de nos élèves et des anciens élèves à travers le monde - , si tous nous pouvons travailler ensemble et être en relation avec d'autres à l'extérieur de la famille du Sacré Cur, avec qui vous travaillez déjà, nous produirons une énergie que nous pouvons à peine imaginer maintenant.
Jusqu'à présent j'ai parlé de stratégies, d'actions concrètes. C'est important, mais nous ne pouvons pas en rester là. La collaboration se situe non seule ment au niveau du « faire », mais aussi au niveau de « l'être ». Je pense que l'appel à la Collaboration dans la Réciprocité implique une relation plus profonde que celle de la tâche à réaliser. Cet appel implique aussi la réciprocité de l'amitié.
La veille de sa mort Jésus dit à ses disciples : « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; mais je vous appelle amis. » Jean15,15
Il s'agit d'un idéal que nous ne devons pas perdre de vue. Sa réalisation peut varier d'une personne à l'autre, d'un endroit à l'autre, d'une association à l'autre. Chaque fois que nous donnons notre confiance ou agissons par amour nous contribuons au développement de l'amitié. Les relations, les amitiés, de toutes sortes sont au centre de la vie de Madeleine-Sophie. C'était « une femme de relations », « une femme de cur ». Elle aurait aimé avoir un e-mail et si elle l'avait eu, elle aurait probablement écrit 100 000 lettres au lieu de 14 000. Elle aurait été experte en informatique. Les relations étaient si importantes pour Madeleine-Sophie qu'elle en a fait un « outil » apostolique pour la Société. Envisageons donc notre avenir ensemble et aussi au-delà de nous-mêmes. « Regardons ensemble dans la même direction » comme le dit une définition de l'amour. Adoptons tous les moyens en notre pouvoir pour aider notre monde à devenir le monde de Dieu. Chacun d'entre nous n'a qu'une vie et les années passent trop vite. Nous n'avons pas de temps à gaspiller et nous ne pouvons pas perdre notre temps à imaginer un monde différent. Aussi sombres que les choses puissent nous apparaître, chaque moment est un moment de grâce nous invitant à découvrir l'inépuisable amour de Dieu et à le communiquer aux autres.
J'aimerais terminer par ces lignes de la pièce de Christopher Fry « A sleep of Prisoners». Écrits, il y a plus de 50 ans en 1951, ces mots nous parlent du désir de prendre des risques ; ils décrivent une solidarité entre tous les gens de foi et de bonne volonté qui sont en recherche et qui veulent changer quelque chose dans notre monde :
« Le cur humain ne peut reculer devant rien pour atteindre Dieu. Bien que nous soyons dans l'obscurité et le froid, nous ne sommes pas en hiver.
La détresse glacée des siècles se brise, craque et commence à bouger.
Le tonnerre est le grondement de la banquise, du dégel, de l'inondation, du printemps parvenu.
Dieu merci, notre temps c'est maintenant alors que le mal se dresse partout pour nous affronter.
Pour ne jamais nous quitter jusqu'à ce que nous fassions les plus grands progrès de l'âme que les hommes n'aient jamais faits. Les affaires sont maintenant à l'aune de l'âme.
La tâche entreprise est une grande aventure à la découverte de Dieu. »
Il me plaît à penser que le Cur de Dieu est heureux en sachant qu'avec tant d'autres personnes concernées et généreuses, nous sommes tous ensemble engagés dans cette grande aventure !
Clare Pratt,rscj
XII AMASC World Congress
Sydney, Australia
15 April 2002