Un homme plein de bonté

Il arrive parfois qu'une personne très spéciale naisse parmi nous, comme un ange, on pourrait dire, pour exercer son influence sur nous et même, dans quelques cas, pour changer noter façon de voire les choses. J'ai eu le bonheur d'avoir connu un de ces êtres très spéciaux. Il s'appelait Christian Greaves et il était mon beau père. Il nous a quittés il y a un mois et demi.

Il était né aux Indes Occidentales. Après avoir achevé ses études d'agronomie au Tropical Imperial College of Agriculture, il est venu au Vénézuéla. Ici, il connut ma belle mère et forma sa famille.  Mais je ne veux point parler de son curriculum vitae sinon plutôt de sa grande bonté et de sa décence, de ce que fit de lui un homme vraiment remarquable.  Je n'ai jamais entendu "Daddy" critiquer méchamment des individus dont on savait, par d'autres sources, qu'ils lui avaient fait du mal. Je n'ai jamais écouté une plainte de luis au sujet de toutes les pénuries qu'il avait souffertes à cause de l'agriculture. Au contraire, il parlait d'eux ayant recours à son humeur extraordinaire.  Il me dit une fois: "Il y a trois voies de perdre l'argent: la plus rapide, c'est le jeu; la plus plaisante c'est les femmes; mais las plus certaine c'est l'agriculture". C'était sa façon simple de décrire une situation pleine de difficultés quand ils s'agissait de couvrir le soutien de sa famille.

Je ne l'ai pas entendu, non plus, se plaindre d'être malade; il ne l'a jamais fait, ni même pensant ses pires moments. Le sourire était toujours présent sur son visage et il disait toujours des mots encourageants à tous ceux qui étions autour de lui.  Il était un homme plein de bonté, il était tendre et affable.  Je me souviens qu'une fois, quand il essayait de me dire une blague, il ne trouvait pas les mots. "Parle anglais" luis dis-je. Il réfléchit pendant quelques instants et me dit: "le problème, ma chère, c'est que j'ai oublié les mots en anglais aussi". C'était sa façon spéciale de cacher la perte de mémoire qui s'approchait.

A ses enfants et à tous ceux qui l'avions aimé et qu'il aima, il nous laissa  un exemple d'honnêteté à toute épreuve, de travail efforcé et de simplicité. J'ai le bonheur et l'orgueil à la fois d'avoir connu un homme plein de tant de bonté. Il me manquera toujours.

Carolina Jaimes Branger

Anciennes Elèves du Vénézuéla