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- XII
AMASC World Congress
Sydney, Australia
15 April 2002
- Clare
Pratt,rscj
- Valeurs et
Missions de la Société du
Sacré-Cur.
- Trish, Anciennes
élèves d'Australie et de
Nouvelle-Zélande qui ont préparé le
congrès, Anciennes et Anciens, Directeurs et
Directrices des Écoles, Surs et Amis.
- Je suis vraiment
enchantée d'être ici parmi vous ! Comme
vous, je suis une ancienne élève du
Sacré-Cur, l'une de ces anciennes pour
lesquelles l'éducation du Sacré-Cur
est l'un des dons les plus précieux de leur vie.
Je suis l'une de ces anciennes dont la vocation est
née dans une École du
Sacré-Cur, vocation qui a été
nourrie et qui s'est réalisée dans un
Collège du Sacré-Cur. Je suis
sûre que Madeleine-Sophie se réjouit de ce
que la réunion des Chefs d'Établissement et
celle des Anciennes élèves se
déroulent au même moment, cela donne la
possibilité d'échanger dans la
réciprocité entre Anciennes et Chefs
d'Établissement. À l'avance je me
réjouis de passer du temps avec vous
demain.
- Comme vous le savez
sans doute la toute première intuition de
Madeleine-Sophie sur la Société du
Sacré-Cur incluait des élèves.
Elle aurait voulu entrer au Carmel, si cela avait
été possible ; malgré cela elle n'a
jamais envisagé que « cette petite
Société » comme souvent elle
l'appelât ne soit qu'une congrégation
religieuse. Quand plus tard dans sa vie, elle a
réfléchi sur la « première
vision » qu'elle avait eue de la
Société, elle vit « une multitude
d'adorateurs et d'adoratrices de toutes les nations,
jusqu'aux confins de la terre », peut-être
même étiez-vous dans son esprit, y compris
l'Australie qui équivalait pour elle aux confins
de la terre.
- Quand Trish m'a
demandé de parler des « valeurs et de la
mission du Sacré-Cur » j'ai
pensé que beaucoup d'entre vous pouvaient faire la
même chose à partir de leur propre
expérience dans la Société du
Sacré-Cur. Les valeurs les plus
fondamentales et la mission que vous avez
cultivées dans votre vie d'adulte n'ont pas
changé depuis que vous étiez
étudiantes et étudiants, mais simplement la
manière de les faire siennes selon les besoins de
chaque âge. Ce que je peux vous offrir c'est ma
propre expérience vécue depuis 42 ans dans
la Société du Sacré-Cur,
années cruciales pour son histoire, et ma
connaissance privilégiée de la
Société internationale puisque j'ai
vécu et travaillé pendant ces huit
dernières années en son centre.
- Tout d'abord je
voudrais vous dire que je suis encouragée et
impressionnée, non seulement, par le thème
de ce congrès, « Une affaire de cur :
Nous réconcilier avec le Monde », mais encore
par votre préparation dans ce sens. J'ai confiance
que chaque Association a utilisé le plan de
travail qui vous invitait à vous engager sur le
chemin de la Réconciliation. Je ne connais pas
dans le détail ce que chaque association nationale
a fait, mais j'ai lu le rapport des Anciennes
Élèves d'Italie lors du dixième
Congrès National en octobre dernier à
Assise, et j'ai été très
impressionnée par la qualité de la
réflexion et des échanges. Comme vous le
savez, sans doute, se réconcilier n'est pas
quelque chose que nous « faisons » une fois
pour toutes. Nous sommes tous engagés sur le
chemin de la réconciliation avec nous-mêmes,
nos familles etd'autres personnes qui font partie de
notre vie. Certains d'entre nous ont besoin de se
réconcilier avec notre pays (Cela, juste
après les évènements du 11
septembre, m'a profondément touchée en tant
que citoyenne des États Unis d'Amérique).
Qui d'entre nous n'a pas besoin d'être
réconcilié avec l'un ou l'autre aspect du
monde : c'est là que se trouve notre Dieu qui est
toujours présent, prenant l'initiative de se
réconcilier avec nous : le père prodigue,
le berger qui laisse ses quatre-vingt-dix neuf brebis
pour partir à la recherche de celle qui est
égarée. L'évangile est rempli de
paraboles de la réconciliation. Ainsi ce
Congrès est une « escale » au cours de
notre voyage, une oasis rafraîchissante, une
nourriture, une halte pour renouveler notre
énergie, et reprendre courage pour continuer la
route.
- Maintenant voyons les
Valeurs et la Mission de la Société du
Sacré-Cur. Quand quelqu'un demande à
une rscj « quel est votre charisme ? » c'est
parfois difficile de l'expliquer en peu de mots. C'est si
riche, si profond, c'est une affaire de cur, et les
mots sont trop faibles pour le dire. Essayer de
l'expliquer est aussi difficile que cela le serait pour
quelqu'un d'entre qui voudrait expliquer le don de
l'amour que vous partagez avec votre époux. C'est
cela un charisme : c'est un don. Dans notre cas, le don a
été reçu par Madeleine-Sophie et
transmis à ses filles pour le bien de notre
Église et de notre monde.
- Nos constitutions,
après Vatican II, rédigées en 1982,
les seules constitutions écrites depuis le texte
originel de 1815, qui, selon Helen Mc. Laughlin
continuent à être, « notre texte
primitif, notre don originel et initial »,
présentent notre charisme comme ayant 4 dimensions
:
- une finalité :
la gloire du Cur de Jésus
- une mission :
découvrir et faire connaître son
amour
- une
spiritualité : être uni et conforme au
Cur de Jésus dans la disponibilité
à l'Esprit, et
- un service dans
l'Église : l'éducation.
- C'était notre
charisme en 1800 et c'est resté notre charisme
tout au long des 202 années de notre histoire. Ce
n'est pas le moment, me semble-t-il, et il n'est pas
nécessaire de passer en revue les changements du
monde, de l'Église et de la Société
du Sacré-Cur au cours des 40
dernières années qui ont suivi la
convocation de Vatican II. Le fait que vous soyez
là signifie que vous avez survécu aux
tempêtes du changement, ou que vous êtes trop
jeunes pour les avoir connues. Le thème que vous
avez retenu « la Réconciliation avec le Monde
» indique une ouverture d'esprit, une recherche
commune en faveur de la justice et de la paix, une
volonté de prendre l'initiative pour apporter la
guérison là où il y a la division,
la compréhension là où règne
la confusion, et le pardon là où il y a
l'offense. Comme la réconciliation ne va pas sans
le pardon, permettez-moi, au nom de la
Société, de demander pardon pour toutes les
fois qu'individuellement ou en congrégation nous
avons agi de façon blessante. Si l'un ou l'autre
d'entre vous porte des blessures, j'espère,
qu'avec le temps, elles ont pu se cicatriser, mais s'il
en restait des traces qui aient besoin d'une d'humble
reconnaissance ou d'une demande de pardon, je vous
l'offre maintenant.
- Tous les six ans nous
avons un Chapitre Général, une
réunion de déléguées de
chacun des pays où nous sommes présentes.
La Société toute entière
prépare le Chapitre ; les
délibérations et réflexions des
déléguées donnent les orientations
jusqu'au prochain Chapitre1. Les paroles d'ouverture du
Chapitre de 1994 (qui contient le texte sur
l'Éducation à la Réconciliation, une
des ressources de notre Congrès) expriment bien
l'objet du Chapitre :
- « La
Société choisit d'établir ses
priorités d'action en réponse aux appels
spécifiques d'aujourd'hui venus du monde et de
l'Eglise. Ce n'est qu'ainsi que nous pourrons être
là où le cur de l'humanité est
transpercé ; c'est là que se
révèlent la fidélité et la
miséricorde de Dieu. »
- En fait «
répondre aux appels spécifiques venus du
monde » n'est pas nouveau dans la
Société. Madeleine-Sophie n'a pas agi
autrement : elle a vu qu'en France, il était
urgent de donner aux jeunes filles une éducation
solide basée sur la foi et imprégnée
de l'amour de Dieu symbolisé par le Cur de
Jésus pour les préparer à la
reconstruction du tissu déchiré du
pays.
- Comme beaucoup
d'entre vous savent que le thème du Chapitre
Général de l'an 2000 était : «
Notre mission éducatrice : un chemin pour
découvrir et un espace pour annoncer l'amour du
Cur de Jésus. » Orienter ainsi notre
Chapitre sur le service de l'éducation
était le choix unanime des 32 provinciales
réunies au Chili en Octobre 1997 pour deux
semaines. C'était le désir de toutes de se
concentrer plus particulièrement sur cette
dimension de notre charisme qui a vécu une
évolution importante au cours des dernières
années, alors que nous nous efforcions de «
discerner les signes des temps ».
- Pour la
première fois Trish Burns et seize autres
participants laïcs ont travaillé avec nous
une semaine sur les cinq que durait notre Chapitre. Dans
les mots d'introduction de notre Chapitre : « Ils
nous ont demandé de tenir notre place dans
l'Église, ils ont exprimé leur confiance
renouvelée dans notre spiritualité et notre
service d'éducation, et ils nous ont
encouragées à aller de l'avant. » Ils
ont travaillé avec nous et nous ont aidé
à exprimer clairement les appels que nous
entendions. Nous avons conclu en formulant trois appels
sous trois titres qui tout en étant distincts sont
intimement liés :
- Une éducation
qui transforme, De la collaboration à la
Réciprocité, et De la rencontre des
cultures au dialogue entre cultures. Ce n'était
pas la première fois que nous venions au Chapitre
avec le désir de reformuler notre
spiritualité dans un langage plus adapté au
monde contemporain ; ce désir avait
été exprimé par les Directeurs des
Écoles du Sacré-Cur lors de leur
réunion à Joigny en avril 2000 ; en effet
il est impossible de parler de l'éducation du
Sacré-Cur sans parler de la
spiritualité qui la sous-tend. Malgré
l'attente de beaucoup, ce désir n'a pas pu
être réalisé. Sans doute notre
spiritualité a été le fil
tissé au cur des sujets discutés,
cependant, en fin de compte, nous avons
réalisé que le temps n'était pas
encore mûr pour la reformuler. Nous avons conclu
par ces mots :
- « Nous sommes
convaincues, comme Chapitre, que nos vies données
par amour sont l'expression la plus forte de notre
spiritualité et que vivre ces appels jour
après jour fera naître un nouveau langage.
Par l'art, la parole ou le symbole nous exprimerons ainsi
dans l'Église notrespiritualité du
Cur ouvert du Christ pour le monde. Le chemin
continue. »
- Le thème
évident sur lequel nous devons nous attarder est,
me semble-t-il, celui de la Collaboration. Je pense que
vous vous retrouverez dans le document du chapitre «
De la Collaboration à la Réciprocité
» avec une intelligence renouvelée. Comme
vous le savez la Société du
Sacré-Cur, depuis Vatican II, vit une
évolution importante dans la compréhension
de la collaboration. Selon ma propre expérience en
tant qu'étudiante et jeune professe enseignant
dans une école du Sacré-Cur notre
collaboration avec les laïcs s'est faite sous la
forme d'embauche de quelques professeurs laïcs quand
il n'y avait pas de rscj disponibles ou capables
d'enseigner une matière. Plus tard nous avons
commencé à comprendre que les enfants
avaient besoin de modèles variés, pas
seulement religieux, et qu'il était sain d'avoir
un corps enseignant plus diversifié. Mais
c'était encore « notre travail », «
notre territoire » ; on distinguait entre «
nous » et « eux » ; des laïcs
étaient rarement nommés administrateurs ;
nos collègues laïcs, en ce qui concerne les
prises de décision étaient rarement sur un
pied d'égalité avec les
religieuses.
- Progressivement nous
avons réalisé que nous ne faisions pas
nôtre le charisme que Madeleine-Sophie avait
reçu et transmis à la
Société. Avec le Chapitre de 1994 nous
avons compris que notre spiritualité était
: « un don à partager et un trésor que
les autres nous aident à découvrir.
»(Maria Teresa Porcile a fait
référence à cette même
citation pendant sa conférence au congrès
de l'AMASC à San Luis Potosi, il y a 4 ans. Elle
aimait les anciennes élèves du
Sacré-Cur et je sais qu'elle est
présente avec nous en esprit tout en contemplant
la face de Dieu en compagnie de
Madeleine-Sophie)
- Dans le document du
chapitre de 2000 « De la collaboration à la
Réciprocité, » la
Société est appelée à
travailler ensemble et avec d'autres en partenariat pour
protéger la vie et contribuer à la
construction d'une solution alternative
c'est un
désir des laïcs qui sont proches de nous et
avec qui nous travaillons. C'était aussi une
demande spécifique de ceux qui ont
participé au chapitre et aux sessions à
Joigny.
- Le document se
poursuit en disant que la collaboration est une
manière d'être et une manière de
faire. « La collaboration requiert des attitudes de
confiance et de support mutuel, de
vulnérabilité et d'ouverture. Elle
reconnaît le besoin d'apprendre des autres et
demande de la flexibilité et de l'imagination en
découvrant ensemble de nouvelles
possibilités. La collaboration implique la
construction des équipes, de savoir
déléguer et assumer notre
co-responsabilité pour le bien commun, en
travaillant sur des projets communs et en
développant ensemble des idées neuves pour
adapter notre service d'éducation. » Chapitre
2000, pp. 27-28
- Il y a sept
stratégies pour concrétiser
l'exécution de cet appel à la collaboration
dans la réciprocité et les deux
dernières vous concernent tout
particulièrement :
- Faire tous nos
efforts pour parvenir à une meilleure interaction
entre le réseau de nos Établissements
scolaires, les projets pour les exclus et le
réseau d'éducation populaire.
- Unir nos
forces, faire des propositions et des actions avec les
Anciens-nes, les parents, les amis-es par des projets
communs en faveur de personnes, de groupes qui sont
victimes de la marginalisation ou de
l'injustice.
- Dans quel but
voulons-nous collaborer ? N'est-ce pas pour essayer
d'apporter une contribution concertée à la
guérison, à la réconciliation de
notre monde ? Les évènements du 11
septembre n'ont-ils pas souligné et
intensifié notre prise de conscience concernant
notre monde : il est malade, sans changement important il
périra ? Sur nos écrans de
télévision beaucoup d'images sont pour nous
insupportables : enfants orphelins ou sous
alimentés, bénéfices exorbitants
pour les dirigeants des grandes compagnies qui font
partie des 6% propriétaires de 59% des richesses
mondiales, l'effet de serre qui cause en même temps
ici des inondations massives, là des destructions
de récoltes par manque d'eau ; des
réfugiés désespérés
qui ont abandonné pour fuir la terreur dans
laquelle ils vivaient ; les conflits ethniques qui
échappent à tout contrôle
la
liste est sans fin.
- Beaucoup d'anciens
élèves du Sacré-Cur et de rscj
ont un engagement profond pour la justice et un sens
profond de la collaboration. Trish, dans sa
conférence au chapitre, a mentionné
certains d'entre eux. Je ne suis pas naïve au point
de croire que les rscj et que les anciennes du
Sacré-Cur peuvent à elles seules
transformer le monde, mais nous ne pouvons pas laisser un
sentiment d'impuissance nous endormir dans l'inaction.
L'intuition, les idées, les efforts d'une seule
personne peuvent faire la différence. Nous savons
tous et nous avons tous été inspirés
par des histoires de gens ordinaires qui non seulement
ont fait un rêve ou épousé une cause,
mais ont aussi trouvé le moyen de les communiquer
à d'autres. Voilà comment, on construit des
réseaux, des alliances et des
campagnes.
- Helen Prejean auteur
de Dead Man Walking, a eu une énorme influence sur
la campagne du moratoire contre la peine de mort en
collaborant avec toutes sortes de groupes civils ou
religieux, y compris avec la communauté de Saint
Egidio fondée à Rome qui peut mobiliser ses
40 000 membres dans plus que 60 pays. Le parcours d'Helen
contre la peine de mort a commencé quand elle a
accepté d'écrire à un détenu
dans un couloir de la mort.
- Jodi William, le
Canadien qui a commencé la campagne contre les
mines antipersonnel a eu un si grand succès en
construisant une association de base que celle-ci pour sa
campagne contre les mines antipersonnel a reçu en
participation le prix Nobel de la paix en
1997.
- Peut-être l'une
des histoires parmi les plus belles et porteuses
d'espérance de notre histoire récente
est-elle celle de l'origine des grues pour la paix.
Sadako Sasaki avait seulement 2 ans quand la bombe
atomique est tombée sur Hiroshima en 1945. Elle
n'a pas été affectée directement
à ce moment-là. Dix ans plus tard elle
était atteinte de leucémie et a
été hospitalisée. Pendant son
séjour à l'hôpital sa meilleure amie
lui a parlé de la légende japonaise selon
laquelle si une personne peut plier 1000 grues de papier
les dieux lui accorderont la réalisation d'un
souhait. Sadako n'avait qu'un souhait : aller mieux. Elle
a commencé à confectionner des grues en
papier. Malheureusement elle n'a pu en faire que 654
avant de mourir à l'âge de 12 ans. Ses amis
ont jugé que ce serait bien d'ériger une
statue en son honneur et pour tous les enfants
tués par la bombe atomique. Leurs
généreux efforts ont abouti à la
construction en 1958 du monument des Enfants dans le parc
de la Paix à Hiroshima. Au sommet du monument, on
peut voir une fillette tenant au-dessus de sa tête
une grue dorée. Une prière est inscrite
à la base de la statue. « Voici notre
prière, voici notre souhait : la paix dans notre
monde. »
- Je raconte cette
histoire pour elle-même et aussi pour vous citer
l'inscription que je viens de rappeler. Comme je n'avais
plus que de vagues souvenirs concernant l'histoire de
Sadako, j'ai fait une recherche sur Internet à
partir de « Peace Cranes Japan ». En un instant
j'ai eu un choixde 5632 entrées comprenant 1000
grues en faveur du réseau pour la paix où
j'ai trouvé le récit de la vie de Sadako.
Quand j'ai ouvert leur site, j'ai lu :
- « Bienvenue au
foyer qui, à partir d'un projet international,
engage les Communautés à collaborer pour
promouvoir la paix, la non-violence et la
tolérance. »
- Le travail en
réseau montre que chaque chose même petite,
chaque effort en vue d'augmenter la paix dans le monde
aide à atteindre ce but-aussi petit que cet effort
puisse sembler au moment où il est fait. Cela
montre également que travailler ensemble aide
chaque individu à accomplir de plus grandes choses
: « De nombreuses mains font exister la paix
»
- Sadako n'avait pas
prévu que ses 654 grues auraient une telle
suite.
- Et qui aurait pu
imaginer que quelques mères portant des foulards
blancs, marchant en rond autour de la Place de mai
à Buenos Aires, Argentine, exigeant de
connaître la vérité sur ce qui est
arrivé à leurs enfants, les « disparus
» des années 1970, finiraient par avoir un
impact international, forgeant une solidarité
née d'une souffrance commune avec des femmes en
deuil et des chercheurs de vérité dans le
monde entier ?
- Je pourrais donner
d'autres exemples, mais mon propos est de montrer que
partager une vision commune et travailler ensemble
à la réaliser peut avoir des
résultats de grande portée.
- Comment pouvons-nous
collaborer de manière plus systématique et
plus efficace ? En réalité il se passe
beaucoup de choses au niveau local, mais nous devons
aussi chercher ensemble comment mieux coordonner nos
efforts au niveau international.
- Quand pour la
Société du Sacré-Cur je parle
de coordination au niveau international, vous pouvez
penser que, nous rscj, avons un personnel administratif
important qui nous permet d'entrer en contact avec 46
pays pour coordonner nos efforts. En
réalité, par rapport à l'extension
géographique de la Société, nous
sommes dans l'équipe centrale très peu
nombreuses : un Conseil Général de cinq
membres qui ne sont ensemble à Rome que 4 mois par
an, un secrétariat de trois membres, une
Économe Générale et une Assistante,
une Archiviste Générale et son Assistante,
une personne qui s'occupe des repas, accueille les
invités et s'occupe de tout ce qui est
nécessaire à la bonne marche d'une
maison.
- Reconnaissant notre
manque de personnel au niveau central, nous sommes en
train de mettre sur pied une commission de trois membres
que nous appellerons « la commission Sophia » :
elle nous fournira l'infrastructure qui nous manque et
coordonnera l'exécution des tâches
demandées par le Chapitre, tâches concernant
toutes, l'intégration et le travail en
réseau :
- Poursuivre de
manière systématique nos efforts pour
développer et harmoniser nos projets concernant
l'Éducation, la Justice, la Paix et
l'intégrité de la création ; les
finances et les communications.
- Le travail en
réseau avec l'Église et les Organisations
de la Société Civile ; avec les
réseaux liés à la
Société comme l'AMASC, les réseaux
des Établissements scolaires du
Sacré-Cur, notre réseau
d'éducation populaire etc
- La communication est
la colonne vertébrale de ces efforts. La
communication par ordinateur a considérablement
changé la vie de la Société depuis
plusieurs années. Mais, bien qu'il y ait de
nombreux sites en lien avec le Sacré-Cur,
nous n'avons pas encore de site international (l'AMASC
sur ce point est en avance sur la Société
!). Ce site, entre autres choses, servirait de moyen de
communication en réseau Internet dans le monde
entier. Créer un site sera une des tâches de
la commission Sophia.
- Nous avons
également décidé de faire une
demande pour obtenir le statut d'ONG auprès du
Département de L'Information des Nations Unies.
L'Étude de cette demande prend deux ans ; nous
n'installerons donc pas immédiatement un bureau
à New York, mais nous nous y préparons.
Voici un autre domaine où les rscj et les anciens
élèves peuvent collaborer avec d'autres
ayant le même but : contribuer à permettre
aux sans&endash;voix de s'exprimer sur des sujets
concernant les enfants, les femmes, l'éducation,
la paix
- Au Chapitre Trish a
dit clairement « Nous voulons travailler avec vous
sur vos projets ». C'est avec joie que j'accueille
ce soutien. Ce soutien est bien venu. Il y a tant
à faire, et si cette grande famille internationale
du Sacré-Cur peut, - les rscj, les
anciens/nes élèves et les étudiants,
les corps professoraux et les personnels et les parents
de nos élèves et des anciens
élèves à travers le monde - , si
tous nous pouvons travailler ensemble et être en
relation avec d'autres à l'extérieur de la
famille du Sacré Cur, avec qui vous
travaillez déjà, nous produirons une
énergie que nous pouvons à peine imaginer
maintenant.
- Jusqu'à
présent j'ai parlé de stratégies,
d'actions concrètes. C'est important, mais nous ne
pouvons pas en rester là. La collaboration se
situe non seule ment au niveau du « faire »,
mais aussi au niveau de « l'être ». Je
pense que l'appel à la Collaboration dans la
Réciprocité implique une relation plus
profonde que celle de la tâche à
réaliser. Cet appel implique aussi la
réciprocité de l'amitié.
- La veille de sa mort
Jésus dit à ses disciples : « Je ne
vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait
pas ce que fait son maître ; mais je vous appelle
amis. » Jean15,15
- Il s'agit d'un
idéal que nous ne devons pas perdre de vue. Sa
réalisation peut varier d'une personne à
l'autre, d'un endroit à l'autre, d'une association
à l'autre. Chaque fois que nous donnons notre
confiance ou agissons par amour nous contribuons au
développement de l'amitié. Les relations,
les amitiés, de toutes sortes sont au centre de la
vie de Madeleine-Sophie. C'était « une femme
de relations », « une femme de cur
». Elle aurait aimé avoir un e-mail et si
elle l'avait eu, elle aurait probablement écrit
100 000 lettres au lieu de 14 000. Elle aurait
été experte en informatique. Les relations
étaient si importantes pour Madeleine-Sophie
qu'elle en a fait un « outil » apostolique pour
la Société. Envisageons donc notre avenir
ensemble et aussi au-delà de nous-mêmes.
« Regardons ensemble dans la même direction
» comme le dit une définition de l'amour.
Adoptons tous les moyens en notre pouvoir pour aider
notre monde à devenir le monde de Dieu. Chacun
d'entre nous n'a qu'une vie et les années passent
trop vite. Nous n'avons pas de temps à gaspiller
et nous ne pouvons pas perdre notre temps à
imaginer un monde différent. Aussi sombres que les
choses puissent nous apparaître, chaque moment est
un moment de grâce nous invitant à
découvrir l'inépuisable amour de Dieu et
à le communiquer aux autres.
- J'aimerais terminer
par ces lignes de la pièce de Christopher Fry
« A sleep of Prisoners». Écrits, il y a
plus de 50 ans en 1951, ces mots nous parlent du
désir de prendre des risques ; ils
décrivent une solidarité entre tous les
gens de foi et de bonne volonté qui sont en
recherche et qui veulent changer quelque chose dans notre
monde :
- « Le cur
humain ne peut reculer devant rien pour atteindre Dieu.
- Bien que nous soyons
dans l'obscurité et le froid, nous ne sommes pas
en hiver.
- La détresse
glacée des siècles se brise, craque et
commence à bouger.
- Le tonnerre est le
grondement de la banquise, du dégel, de
l'inondation, du printemps parvenu.
- Dieu merci, notre
temps c'est maintenant alors que le mal se dresse partout
pour nous affronter.
- Pour ne jamais nous
quitter jusqu'à ce que nous fassions les plus
grands progrès de l'âme que les hommes
n'aient jamais faits. Les affaires sont maintenant
à l'aune de l'âme.
- La tâche
entreprise est une grande aventure à la
découverte de Dieu. »
- Il me plaît
à penser que le Cur de Dieu est heureux en
sachant qu'avec tant d'autres personnes concernées
et généreuses, nous sommes tous ensemble
engagés dans cette grande aventure !
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