"Raz-de-maree, tsunami le 26 décembre 2004"
Les rscj de Jakarta, Indonésie écrivent:
Jakarta, 1er Janvier 2005
Chères sœurs,
Notre communauté vient de terminer sa célébration
de fin d’année en priant ensemble et en plaçant
des bougies allumées sur la carte de l’Indonésie
étalée devant le Saint Sacrement. Comme bien des
groupes du pays et dans tout le Sud-est asiatique, nous avons
supprimé les fêtes du 1er de l’an. Les concerts
programmés par la ville ont été annulés
et l’argent a été envoyé dans les Centres
de secours qui font face à la crise ; les hôtels
ont remplacé leurs fêtes par des programmes de collecte
de fonds ; les feux d’artifice et leur vacarme ont été
supprimés. Les victimes atteignent le total de 80 000 morts
et l’on s’attend à ce que ce chiffre augmente
encore.
Sans doute avez-vous lu que, si les dons généreux
affluent, les secours et la distribution de la nourriture sont
lents et mal coordonnés. Le gouvernement fait tout ce qu’il
peut, mais il est affronté à des difficultés
à peine croyables. L’infrastructure, y compris les
édifices appartenant au gouvernement, ont été
détruits ; les camions qui auraient pu apporter leur aide
dans l’acheminement de la nourriture, ont été
eux-mêmes emportés par l’eau et l’on
estime que la moitié des membres du gouvernement de Banda
Aceh a péri dans la tragédie. Déplacer les
corps mutilés et les enterrer sont des activités
qui mobilisent temps et énergie. Débarrasser les
rues des décombres et de la boue requiert une machinerie
lourde. Mais actuellement, enfin, la paix rend les choses plus
rapides. Les secours, aussi bien locaux que de provenance étrangère,
commencent à arriver. Les bouteilles d’eau et la
nourriture préconditionnée, comme les biscuits qui
ne nécessitent nulle cuisson, ne peuvent nous parvenir
dans la plupart des zones affectées que s’ils sont
lancés à partir d’hélicoptères.
Au milieu d’une pareille souffrance, bien des nouvelles
de consolation nous parviennent et nous ne cessons d’en
parler et d’en reparler. Telles ces femmes anonymes qui
ont loué un avion Hercules, ce qui a permis à un
certain Acehnese, de Jakarta, de se rendre à Aceh pour
secourir les membres de sa famille… Tel ce courageux enfant
de cinq ans qui a survécu deux jours en pleine mer sur
un matelas pneumatique et qui a réussi à rejoindre
sa famille… Un article paru dans le journal et intitulé
« Je suis fier d’être Indonésien »
s’émerveille de la spontanéité de l’entraide
qui s’exprime d’une extrémité à
l’autre du pays. Les enfants des écoles primaires
se rendent, de leur propre initiative, dans les centres de secours
pour apporter leurs offrandes. Et, bien que les opérations
militaires contre les séparatistes n’aient pas cessé,
les militaires et les marins ont ému leur entourage par
les efforts infatigables qu’ils ont déployés
dans la recherche et le sauvetage des victimes, l’acheminement
et le regroupement des morts et l’apport de secours.
De notre côté, nous avons reçu de nombreuses
expressions d’union de toute la Société. Nous
sommes spécialement touchées de l’appel téléphonique
des trois membres de la Communauté de Innsbruck nous demandant
si nous étions saines et sauves. Plusieurs d’entre
vous nous demandent ce qu’elles peuvent faire pour nous
aider. On pense que la phase de secours va durer un mois, à
l’issue duquel il conviendra de procéder à
la reconstruction et à la réhabilitation. Le gouvernement
envisage que la construction pourra prendre environ un an et la
réhabilitation près de six ans. Ces étapes
vont exiger une immense quantité de fonds. Il s’y
ajoute la nécessité d’apaiser le traumatisme,
de subvenir aux besoins d’éducation des enfants et
des jeunes , de créer des emplois ou des moyens de production.
Nous montrer créatives, dans la collaboration et le souci
de transformation dans un contexte inter religieux, tel est le
défi qui nous est lancé.
L’Archidiocèse de Jakarta a décidé
de centraliser les opérations d’entraide à
partir de la Conférence des Evêques d’Indonésie
(KWI) qui va servir de base des opérations. La Conférence
des Religieux et Religieuses va utiliser la même organisation,
ce qui fait que tous les dons émanant tant des paroisses
que des écoles transitent par la KWI. Nous sommes en contact
avec cet Organisme et aussi avec un réseau de femmes. Il
est encore trop tôt pour voir se dessiner des projets concrets
de reconstruction ou de réhabilitation. Il en existe cependant
un qui se profile à long terme : c’est un projet
de construction de maisons élaboré en commun entre
la KWI et la Caritas d’Allemagne.
Nous sommes reconnaissantes à l’Equipe centrale de
sa lettre qui nous invite à faire des suggestions et susciter
des actions concrètes pour manifester l’amour du
Cœur de Jésus. Nous pensons que l’Esprit est
en train de nous pousser avec force vers ’’une transformation
de la face de la terre’’. Même si, sur place,
nous ne constituons qu’un petit groupe fort restreint, avec
l’aide concrète de vous toutes, nous parviendrons
à réunir une importante contribution. Nous continuerons
à vous communiquer l’évolution des événements.
:Et pour conclure, nous partageons avec vous ces lignes d’un
chant traditionnel chanté avec opportunité au cours
de notr messe paroissiale hier soir :
Attends que finisse l’obscurité,
Attends que s’achève la tempête
Attendons que demain se lève le soleil
(’’Un murmure d’espérance’’)
In Cor Unum,
Digna Dacanay, rscj et le District d’Indonésie
Nous vous prions d’adresser vos dons à :
(Compte $USA o EURO)
ABN AMRO BANK
Jl. Ir. H. Juanda 23
Yakarta Pusat
Indonesia
Compte N† 13.21.218 $USA ou Compte N† 13.21.218 EURO
Destination: KWI
Code abrégé: ABNAIDJA
Destination : Crisis Centre I. Ismartono, S.J
Fax pour vérification du transfert de fonds : (62-21) 390
1480
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